• NOËL

     

    3. COUP D'COEUR "SOIXANTEHUITARD"



    Noël c'est - gros comme une épingle -
    De lumière transfigurée
    Comme un oeil de lézard contient
    Tout le soleil d'une journée

    Les Rois sont venus de loin
    Les Bergers de près
    C'était la première fois
    Qu'un Berger voyait un roi

    Sont venus pour une Etoile
    Qui leur montrait le chemin
    Sont venus pour un coeur d'anges
    Qui leur chantait la Noël

    Le nouveau-né sent le blé
    Sent la paille chaude
    Ca sent le lait, ça sent le bois
    Ca sent bon la planche

    L'âne a des yeux de crépuscule
    Le boeuf rumine son savoir
    L'enfant chante - ça fait des bulles
    Il a le front d'un clair miroir.

    Notre Père qui êtes ici
    Faites que ça soit toujours ainsi
    Marie dans son coeur repasse
    Ces moments vrais que sont la grâce...
    Que Noël soit notre souci
    Que Noël soit enfin Noël
    Noël dans la piètre écurie
    Noël de Joseph et Marie
    Des pauvres ? oui - mais en famille !
    Avec du bon vouloir - Du vrai !

    De ce Noël, espoir du monde
    Cessez donc d'en faire un bazar
    L'intimité n'est pas la rue
    Pas plus que le temple aux marchands

    Petite lumière éperdue…
    Diamant taillé dans une larme…
    Cierge laïque, infime flamme…
    Rois Mages qui sentiez l’orange…
    Bergers qui sentiez le sapin…
    Enfant-Dieu qui sentais le pain…
    Vous, bons chiens qui sentiez… le chien…
    Toutes ces choses sont Noël
    Noël du cœur, Noël humain
    Noël qu’on touche de la main
    Secret Noël, feu du foyer
    Feu qui répond à tant d’étoiles
    Minuscule clin d’œil aux astres
    Pauvre humain jouant sa partie
    Pour rien, pour l’honneur, comme ça
    Lumignon pour faire signe à Dieu
    Bougie effaçant la ténèbre
    Noël, Noël, Noël, bougie
    Annonçant la joie partagée

     Merci mon Dieu pour la clarté
     Qui tremble sur l'Eternité

    Seigneur Dieu qui nous fis Noël
    Donne-nous d'être des enfants
    Donne-nous d'être tout petits
    Donne-nous d'être tout donnés

    Savants, ôtez vos fausses barbes
    L'homme ne descend plus de l'arbre
    Un Sauveur, enfin, lui est né...
    Lumière ! Lumière ! Lumière !
    Quelqu'un entend votre prière...
    Braves gens ! On n'est plus tout seul
    Pour aller dormir sous la terre
    Mal enroulé dans un linceul.

    Notre Père qui êtes ici
    On vous en donne du souci !
    On voudrait tout sans payer rien
    Comme de bons petits païens
    Donnez-nous, mon Dieu, de comprendre
    Que vous, sans cesser d'être tendre
    Devez être ferme, parfois
    Même s'il y faut la Foi
    Donnez-nous d'accueillir la peine
    Le souci, l'épreuve ou douleur
    Sans amertume au fond du coeur
    Mais, mon Dieu, plus que tout, donnez
    A nos durs coeurs de pardonner...
    Et que Noël fasse de nous
    De pauvres pâtres à genoux
    Devant un enfant de lumière
    Mon Dieu, entendez ces prières
    Ainsi soit-il


    Copyright by C.-F. Landry – Château Glérolles – Rivaz 1968
    Tous droits réservés pour tous pays y compris l’URSS

     

     


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